Le film « La Sociale », de Gilles Perret, relate l’histoire de la Sécurité sociale.

Dossier d’accompagnement : http://www.lasociale.fr/pedagogie/

A CroisatAmbroise Croizat :lasociale

« Mettre définitivement l’homme à l’abri du be-
soin, en finir avec la souffrance et les angoisses
du lendemain »
. Telle fut la devise d’Ambroise Croi
-
zat, ministre du Travail de 1945 à 1947, bâtisseur
de la sécurité sociale et originaire de Notre Dame de
Briançon en Savoie où il naît le 28 janvier 1901. Son
père, Antoine, manœuvre à l’entreprise naissante
des « Carbures Métalliques » vit alors comme un fils
d’usine. 12 heures par jour pour 8 sous de l’heure.
À peine le prix du pain. L’enfant grandit entre les
fours et ceux qui rêvent d’espoir et de solidarité.
C’est ainsi qu’Ambroise prendra le relais du père.
Installé à Lyon dès 1914, il s’engage dans l’action
syndicale. Animateur des grèves de la métallurgie
alpine, il adhère au Parti Communiste Français
en 1920 et devient en 1927 secrétaire général de
la Confédération Générale du Travail. Elu député
de Paris sous le Front Populaire en 1936, il forge
les grands acquis de mai, entre autres les congés
payés, la semaine de 40 heures et la loi sur les
conventions collectives dont il est l’auteur.
En 1939, l’orage de la seconde guerre mondiale
approche. Arrêté le 7 octobre pour ses opinions
communistes, il est incarcéré à la prison de la Santé.
Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons fran-
çaises avant de connaître l’incarcération au bagne
de Maison Carrée à Alger. Libéré en février 1943, il
est nommé par la Confédération Générale du Travail
clandestine à la commission consultative du Comité
Français de Libération Nationale dirigé par le Géné-
ral de Gaulle. Il y exerce la présidence de la Commission du Travail. Là, entre résistants, mûrissent les rêves du
Conseil National de la Résistance et les inventions sociales de la Libération. La sécurité sociale, bien sûr, dont
le postulat colore le programme du CNR du 15 mars 1944 : «
Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise
en place d’un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence
dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion par les intéressés et l’État
».
Les mots reprennent point par point l’article 21 de la déclaration des droits de l’homme de 1793 qui, pour la
première fois au monde, ouvrait le droit au travail et à la santé pour tous.
À la tête d’une commission de parlementaires, de médecins, Ambroise dessine dès l’été 1943 les premières
moutures de ce qui allait devenir la Sécurité sociale. C’est ce travail collectif, mûri par deux années de réflexion,
avec l’aide des services de François Billoux, ministre de la santé et de Pierre Laroque, haut fonctionnaire spé-
cialiste des questions sociales, qui va aboutir à l’ordonnance d’octobre 1945, instituant la Sécurité sociale.
Un immense chantier commence le 13 novembre 1945 quand Ambroise Croizat est nommé au Ministère du
Travail. 138 caisses de Sécurité sociale sont édifiées en six mois sous sa maîtrise d’œuvre et gérées par un
peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés, «
pour en terminer, selon les mots du ministre,
avec l’indignité des vies et les souffrances de l’enfance
».

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